Amis du soir, bonsoir !
Au programme de cette merveilleuse nuit, un mini-requiem des gens qui s'énervent. Parce que :
OUI, il y en a qui ne sont pas patients.
OUI, il y en a qui distordent le temps (sisi, je vous jure, pour ces gens là, une minute en vaut dix...).
OUI, le geste commercial est obligatoire, c'est un dû, même quand il n'y a pas matière à offrir un dédommagement.
OUI, nous devrions être tous des super-héros qui, comme Flash, courent à la vitesse de la lumière (et c'est valable aussi pour les appareils de cuisson... non vraiment, deux minutes de cuisson, c'est trop abusé, là...).
Et NON, le client n'a jamais tort.
Et je vous jure que dans ces cas-là, on en ravale, des choses.
Allez, sans plus attendre, laissons une femme ouvrir le bal. Je précise que ce n'est pas moi qui ai servi cette cliente, j'étais sur le côté à faire du rangement. La dame prend se commande, ma collègue prépare son plateau, l'encaisse et lui demande poliment d'aller s'installer, car étant donné que son burger n'était pas prêt, elle le lui apporterait. Cette dame a juste mis son plateau sur le côté, ayant manifestement décidé d'attendre au comptoir. Même pas deux minutes plus tard (montre en main, ou plutôt "pointeuse sous les yeux"), elle se tourne vers ma collègue et lui demande sèchement pourquoi son burger n'est pas prêt. Ce à quoi la caissière répond tranquillement que son burger met quatre minutes à cuire, mais qu'elle peut aller s'installer, elle lui apporterait tout dès que ça sera prêt (avec même des frites plus chaudes).
Et là, c'est le drame ( ! ) : la cliente, éxaspérée, balance littéralement son plateau sur ma collègue ( !!!?!) en hurlant que c'est inadmissible, qu'elle voulait manger maintenant et qu'elle ne voulait pas aller s'asseoir, qu'elle ne voyait pas pourquoi les autres clients étaient servis plus vite et qu'elle devait attendre, etc. ... Toute la ligne de caissé était comme figée dans le temps : tout le monde a regardé la scène, passablement choqué. Je dois dire que ma collègue pleurait presque de rage de devoir se contenir. Et elle n'était pas la seule...
L'esclandre s'est terminée par un remboursement et un magistral "Je r'met plus jamais les pieds dans c'resto pourri ! Le service, c'est d'la m**de !".
(Petit épilogue : elle passe régulièrement au drive...)
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Deuxième histoire ! Celle-ci se passe au drive, pendant le rush du soir (comprenez "entre 19h et 21h). J'étais en encaissement, c'est-à-dire dans la cabine isolée du reste du resto, où mon poste consiste seulement à encaisser le client. Bonjour, ça fait tant, merci, au revoir. C'est aussi simple que ça. Bref.
J'étais donc en encaissement, et il y avait pas mal de monde. Voici venir une dame dans une voiture rouge (oui, je me souviens même de la couleur !).
-"Bonsoir ! 35€80 s'il vous plaît !"
Là, elle me montre sa réduction.
-"Ah ! Très bien, merci. Donc nous sommes à 32€22 !"
Elle me tend alors ses tickets restaurant. Je lui dis qu'on ne rend pas la monnaie dessus, mais elle me fait signe que c'est bon, même si on dirait qu'elle ne m'a pas écouté. Bon. Je remarque qu'elle perd quand même environ deux euros.
-"Euh, madame, vous perdez deux euros, là... Je vous rajoute quelque chose sur votre commande ?"
-"Comment ? Pourquoi faire ?"
Ah oui, elle ne m'avait pas écoutée.
-"Eh bien, on ne rend pas la monnaie... je vous l'ai dit..."
-"Ridicule ! Et je peux savoir pourquoi ?"
Elle commence à s'énerver.
-"C'est la politique de l'établissement, la société a décidé de ne pas rendre la monnaie, c'est comme ça."
-"Mais c'est ridicule ! Bon, d'accord, qu'est-ce que vous pouvez me rajouter alors ?"
Je réfléchis une demi-seconde et lui propose le fondant au chocolat. 1€85, ça ne dépasse pas le montant des tickets resto, et comme ça elle ne perd pas trop d'argent.
-"Non, non, non, autre chose, j'en veux pas de votre truc, là."
Je commence à lui dire "Une gla...", mais elle m'interrompt sèchement et se met en colère.
-"Mais allez, là, faut aller plus vite ! Vous connaissez pas votre boulot ou quoi ? Moi je bosse dans les assurances et je peux vous dire que je connais mes produits par coeur sinon ça fait pas pro !" Et gna gna gna et gna gna gna, ça a duré deux bonnes minutes.
Estomaquée, je lui rétorque quand même que si elle me coupe la parole, je ne risque pas de lui proposer grand-chose. Je lui ai rajouté un cheeseburger d'office, je lui ai donné son ticket, je lui ai souhaité une bonne soirée et j'ai fermé la fenêtre.
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Des clients qui s'énervent, il y en a, oui. Il y en a qui sont tellement enervés, ou lassés d'avoir patienté trois minutes (ben oui, c'est long, oh !) dans la file, qu'ils en font pâtir tous ceux qui se trouvent derrière eux. Ou "comment faire en sorte que les suivants soient aussi enervés" (et ça, ça vous bousille une soirée...).
Comme ce monsieur, qui passe vers 22h au drive. D'accord, il y avait du monde. Mais on avait un bon rythme : pas plus de six minutes d'attente, et encore, depuis une demi-heure, le maximum d'attente était réduit à quatre minutes.
Et ce monsieur en a eu marre. Il est venu à l'intérieur du restaurant, laissant sa voiture sur la piste drive (je précise qu'il était deuxième de la file, il n'y avait qu'une voiture devant lui, et on était en train de donner sa commande à cette dernière...).
-"Dites, ça fait au moins vingt-cinq minutes que je poireaute, là, je commence à en avoir marre, pourquoi ça avance pas ?"
On s'est toutes les trois regardées, un peu étonnées quand même.
-"Monsieur, calmez-vous, regardez, votre commande est là, on va vous la donner..."
-"Non, non, je reste là, je veux qu'on me la change, tout est froid !" (notez qu'il n'en sait rien, il ne l'a pas eu en main...) "Et c'est vraiment pas correct de faire autant attendre les gens que ça ! On paye assez cher pour ce qu'on bouffe, vous abusez un peu, là !"
Là, on a regardé l'écran du drive : temps écoulé depuis la prise de sa commande : 3 minutes et 6 secondes......
Tout ça pour dire, messieurs-dames, que vous êtes quand même vachement pas patients.
A bon entendeur...